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Le Titan Tata à l’assaut du monde.

20 janvier 2008

Le conglomérat indien aux 100 filiales est sur le point de mettre la main sur deux marques de luxe anglaises, Jaguar et Land Rover. Réelle stratégie industrielle ? Belle opportunité ? Ou revanche d’une dynastie indienne ? Voici quelques éléments pour guider votre analyse.

Tata, l’Empire aux 7 tentacules (1).

Depuis plus de 140 ans, l’empire Tata tisse sa toile en Inde puis l’étend, aujourd’hui, au monde.
« Fondé au XIXe siècle, Tata est l’un des plus grands groupes indiens, présents dans sept secteurs d’activités, aussi variés que l’informatique, l’hôtellerie, l’agroalimentaire, la sidérurgie, les télécoms ou encore l’automobile. Avec près d’une centaine de filiales totalisant une capitalisation boursière de 77,5 milliards de dollars (526 milliards d’euros), le groupe emploie 290 000 personnes et affiche un chiffre d’affaires de 28,8 milliards de dollars. Après s’être focalisé sur le marché national, il met depuis quelques années les bouchées doubles pour s’internationaliser via des acquisitions à l’étranger. » (2) En 2000, pour 430 millions de dollars, il rafle le thé Tetley qu’il intègre à Tata Tea. Il devient alors leader mondial sur le créneau. En 2007, sa filiale sidérurgique, Tata Steel, rachète pour 11,3 milliards de dollars l’anglo-néerlandais Corus. Aujourd’hui, Tata Motors est sur le point de racheter à Ford pour 2 milliards de dollars les célèbres marques Jaguar et Land Rover.

Tata, un Indien rusé.

Certains disent ceci : « A vrai dire, cette opération correspond moins à une réelle stratégie industrielle qu’à une belle opportunité. Les deux marques britanniques étaient sur le marché, Tata a saisi l’occasion. Et puis, à peine dix ans après s’être lancé dans l’automobile, le groupe indien y voit là une source de légitimité. C’est enfin un symbole qu’une ancienne colonie de l’Empire britannique s’offre deux de ses joyaux ». (3)

D’autres disent cela : « C’est un conglomérat extrêmement diversifié qui s’est acheté d’un coup une crédibilité mondiale sur un segment, l’automobile. Ces deux marques prestigieuses lui permettent de jouer dans la cour des grands. Bien sûr, si Fiat avait été à vendre, Tata aurait sans doute opté en priorité pour le constructeur italien… » (3)

Nous vous dirons ceci : Début Janvier, Tata sort sa voiture la moins chère du monde (4). Un an auparavant, Tata Motors s’intéresse de près au moteur à air comprimé de MDI avec qui il signe un contrat de transfert de technologie de 20 millions d’euros (5). Aujourd’hui, Tata s’apprête à racheter deux marques de l’automobile de luxe.

Et vous, que dites-vous ?

Tata, le conquérant.

Le groupe Tata étend, depuis quelques années, sa puissance sur le monde. A elle seule, la filiale automobile du groupe est présente en :
- Corée du Sud, avec Tata Daewoo Commercial Vehicle Co. Ltd.,
- Thaïlande, avec Thonburi Automotive Assembly Plant Company pour construire et commercialiser des camionnettes,
- Espagne, où le groupe détient 21% des parts de Hispano Carrocera
- Inde, Royaume-Uni, où Tata Motors possède des centres de recherche (5).
Et cette expansion internationale ne fait que commencer. Avec « la voiture du peuple », le constructeur indien cherche à se renforcer sur des marchés hautement concurrentiels tels que l’Inde, la Russie et la Chine. Avec Land Rover et Jaguar, ce sont l’Europe et les Etats-Unis qui s’ouvrent au géant indien, par le réseau de distribution des deux marques. Avec MDI et le moteur à air comprimé, Tata s’inspire du savoir-faire français. Aujourd’hui comme demain, le monde sera le nouveau terrain de jeu de l’empire Tata.

Le groupe Tata, qui a pour ambition d’ « améliorer la qualité de vie » (1), ne serait-il pas en train de mettre pleinement en place sa stratégie de diversification à l’échelle mondiale, d’étendre sa gamme dans l’automobile et d’asseoir ainsi son pouvoir en Inde, là ou GM et Renault s’apprêtent à monter au créneau, et dans le monde ? Le pouvoir des dynasties indiennes serait-il de retour ? (6) Affaire à suivre.

Notes :

(1) Les secteurs d’activités de Tata ou les 7 tentacules

(2) Libération, Tata en quête d’international, 11/01/08.

(3) L’Expansion.com, Tata, un nouveu géant mondial de l’automobile ?, 09/01/08

(4) : Reuters France, Tata Motors va dévoiler la voiture la moins chère au monde, 08/01/08

(5) : MDI, Un moteur qui utilise l’air comme carburant, communiqué de presse, 05/02/07

(6) : L’Express, L’indien Tata à l’assaut du monde, 04/01/08

2 commentaires

  1. Bonjour,
    Je trouve vraiment dommage de laisser partir à l’étranger une technologie Française : moteur à air comprimé développé par la société MDI (Nice).
    La société Tata n’hésite pas.
    Que font nos constructeurs Français de ce concept ?
    Je suis vraiment frustré !
    Merci. Salutations.


    • Bonjour Gérard,
      Comme vous avez raison !
      Que font les constructeurs français face à la montée de géants qui n’hésitent pas à parcourir le monde à la recherche des meilleurs talents ?
      Auraient-ils oublier de faire valoir le savoir-faire français ? Auraient-ils oublier de faire grandir et valoriser les innovations technologiques de nos PME ?
      En tout cas, d’autres comme Tata, n’ont pas oublier que l’innovation est bien le nerf de la guerre dans l’industrie automobile !
      Au plaisir de vous compter parmi nos fidèles lecteurs,
      Estelle KUPIEC.



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